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CHAPITRE 3 : DATA CENTER

almakinesio
31 août
10 min de lecture


« Le savoir est bel et bien un pouvoir,

et le savoir a un pouvoir »


Graham McNeill


Toute séance de kinésiologie requiert traditionnellement l’utilisation de tests musculaires. C’est, du moins aux yeux de beaucoup, la condition nécessaire et pas toujours suffisante pour parler de kinésiologie.


Cette approche est donc fondée sur un test dont les réponses peuvent varier en fonction de l’intention du testeur et peuvent être soumises à des interférences, conscientes ou inconscientes, venant des deux partis.


Le tout, ne l’oublions pas, sous-tendu par un vœu de neutralité…


Heureusement, il est possible tester en non-verbal et d’obtenir des informations, ce qui shunte directement toute velléité d’induction de la part du consultant !


Certains chercheurs ont même développé le procédé dit des « modes digitaux » qui associés au test musculaire vont donner des indications sur la marche à suivre en fonction des positions des doigts, un modèle inspiré du yoga des « mudras des doigts ». 


Avec ça, nous pouvons être certains que la personne testée ne peut pas savoir ce que fait la praticien et ne pourra pas interférer, du moins consciemment…

Par contre, rien ne nous garantit que le testeur, qui lui sait ce qu’il fait, n’aura pas tendance à influencer la réponse s’il ne se sent pas à l’aise avec le thème vers lequel son mode digital veut l’envoyer.


Et pourtant, ça fonctionne ! Les résultats sont là, des clients sont satisfaits, reprennent rendez-vous, les cabinets se remplissent 😅




Il faut dire que bien avant l’essor de l’épigénétique, certaines branches de kinésiologie se sont intéressées aux héritages trans-générationnels et exploré grâce au test musculaire ce qu’il est convenu de nommer nos « mémoires cellulaires ».

 Dans les branches de kinésiologie qui se sont intéressées à ces dimensions, il est enseigné que notre corps a gardé en mémoire tout ce que nous avons vécu depuis notre naissance, au moment de notre naissance, in utero, à la conception et tout ce dont nous avons hérité des générations précédentes.


Ces mémoires incroyablement précises influencent nos choix, nos penchants, nos décisions conscientes ici et maintenant.
 Elles nous transmettent des potentiels mais également des manques, des blessures, des émotions bloquées qui empêchent notre bien-être, notre santé.

Elles sont à l’origine de nos comportements inadaptés, des schémas de répétition qui nous conduisent toujours dans les mêmes impasses ou bien de définitions de nous-mêmes qui font dire à certains : « Je suis comme ça ! 😠 » quand ils sont incapables de justifier leur comportement.


Cette approche causaliste conduit à aller chercher l’origine première dont découle le comportement actuel en remontant dans le passé, toujours à l’aide du test musculaire.


Elle est fondée sur une vision linéaire du temps et considère que si tout n’a pas été « équilibré » dans le passé, le comportement peut se réveiller dans le futur.


Des protocoles précis sont utilisés et favorisent souvent d’impressionnantes libérations émotionnelles, parfois de belles prises de conscience et de grands soulagements.

Ou pas.… Notons que les évènements exhumés peuvent concerner le passé conscient de la personne et renvoyer à des circonstances connues et vérifiables. Très vite pourtant, l’exploration nous guide jusqu'à des informations qui concernent des générations précédentes et cette fois totalement invérifiables…


Dans les premiers temps de notre pratique, Dominique et moi-même n’avions pas encore remis en question la fiabilité des réponses musculaires et faisions une confiance aveugle aux informations ainsi obtenues. Ceci s'est traduit par des affirmations péremptoires quant aux agissements de parents ou d’ancêtres pourtant rarement vérifiables.

Certains consultants, renseignements pris ont contredit nos affirmations ce qui a entrainé chez nous une profonde remise en question. Nous avions soudain le sentiment de faire n’importe quoi, au point d’envisager de tout arrêter.


Heureusement, les retours positifs d’autres clients nous ont encouragés à continuer en faisant preuve néanmoins de plus de circonspection.





« La mémoire est toujours déjà imagination »

Sarah Kofman


Les mémoires auxquelles le test musculaire nous donne accès sont parfois d’une incroyable précision et révèlent souvent les pensées et motivations qui ont poussé nos ancêtres à faire certains choix face aux circonstances.

Ces mémoires montrent également que le bébé à une conscience aigüe des ressentis, émotions et problématiques de ses parents, in utero d’abord puis dans ses toutes premières années de vie. Tout ce qui est enregistré dans ces périodes influera durablement sa vision du monde future.


Reste que l’accès à ces informations se fait au moyen d’un test musculaire dont la fiabilité est douteuse.
 Nous pouvons nous voiler la face et considérer que le consultant refuse l’évidence ou bien inclure cette donnée dans notre travail.


Pour cela, il me parait nécessaire de revenir sur cette question de mémoire.


Je vais reprendre l’exemple utilisé dans mon ouvrage précédent quand je dis que lorsque un accident se produit devant quatre témoins, nous aurons quatre versions différentes. Chacun partagera sa propre version, selon son propre angle de vision. Il en conservera un souvenir subjectif.


La plupart des mémoires auxquelles j’ai accès en séance concernent ce que je nomme la survie et conditionnent les réactions dictées par notre inconscient face à un stress important. 
Il existe à mes yeux une analogie entre notre Inconscient et un super système d’exploitation informatique. Face à un évènement stressant, notre Inconscient va scanner en un éclair toutes les mémoires présentes dans son « disque dur » afin de retrouver un évènement équivalent ainsi que la réponse qui lui a été donnée, par nous-même ou l’un de nos ancêtres.

S’agissant d’une réponse de survie, elle ne peut être que bonne puisque nous sommes vivants. Elle est réputée adaptée et efficace, il n’y a donc aucune raison de la remettre en question. Il s’agit de programmes de survie qui répondent à un déclencheur comme un logiciel s'ouvre sur un clic ou un raccourci clavier.




Souvent, cette réponse de survie est adaptée à la situation et nous permet de sortir du stress. D’autres fois, les circonstances sont différentes de celles de la mise en place initiale, la réponse ne convient plus et elle va renforcer le stress auquel nous allons donner la même réponse, plus fort, qui va renforcer le stress, etc…


Notre réaction de survie n’est plus adaptée parce que nous ne sommes pas notre ancêtre et nous ne sommes plus le nourrisson que nous avons été, que les circonstances ont changé mais nous ne savons pas faire autrement.


Pour donner un exemple, il n’y a pas si longtemps que ça, il ne faisait pas bon socialement être une femme seule, répudiée ou divorcée. La survie venait de la protection « sociale » donnée par un conjoint, ce qui a conduit de nombreuses femmes à choisir de supporter la violence, la maltraitance ou l’exploitation par un conjoint plutôt que de le quitter.

Ces femmes, par amour de leurs descendantes vont leur transmettre cette solution de survie leur enjoignant de faire la même chose qu'elles. De nos jours, la société a évolué mais ce type de programme inconscient reste souvent actif, bien qu’obsolète.
 Dans le même ordre d’idées, la survie du nourrisson dépend de sa capacité à susciter l’amour de ses parents auxquels ils devra s’adapter pour avoir son biberon et être changé (je caricature). Devenu adulte, il est capable de se nourrir et se changer de façon autonome mais ses programmes d’adaptation conditionnent toujours les stratégies qu’il utilise de façon inconsciente pour être aimé.
 Je reviendrai sur ce thème important.
 Pour résumer, je dirais que le test musculaire nous donne accès à des mémoires subjectives acquises ou bien innées héritées de notre lignée. Il est impossible de garantir la fiabilité des informations obtenues grâce à ce test car la plupart sont invérifiables.
 Et pourtant, « ça fonctionne », nous assistons régulièrement en séance à des libérations émotionnelles, des évolutions dans les points de vue et dans les comportements.













Dès lors que notre intention n’est plus de « connaître la vérité », de savoir ce qui s’est réellement passé mais bien de mettre en évidence un programme de survie inconscient résultant de cette mémoire, nous pouvons considérer que les informations obtenues grâce au test musculaire sont des métaphores à aborder en tant que telles.

D’où l’importance du travail de John et Matthew Thie qui nous apprennent comment développer notre pensée analogique, à élargir le sens d’une information.
 Cette pensée analogique qui fait appel à l’intuition, à la créativité, à la Vie qui s’exprime, tant au niveau Inconscient que sur le plan de la Nature Profonde.


La métaphore nous libère de la compréhension littérale et analytique, elle constitue une proposition ouverte et laisse la personne libre de participer et de créer sa propre signification. Elle est un outil d’équilibration en elle-même qui peut parfois nous approcher d’une expérience d’éveil.


Bien plus, développer notre capacité à créer des métaphores nous conduit à élargir notre regard sur le monde et nos systèmes de croyance très au-delà de la pratique de la kinésiologie. Cette vision nous aide à comprendre et accepter la vision du monde de l’autre afin de nous nourrir mutuellement plutôt que de lui imposer nos solutions. Il n’y a plus de signification figée mais bien une possible évolution de nos croyances grâce aux changements de référentiels. Les points de vue qui pourraient sembler opposés deviennent complémentaires et de nouvelles solutions se font jour pour sortir du cercle vicieux des réponses inadaptées.


Considérer toute information comme une métaphore nous déleste de la responsabilité de dire ou ne pas dire, partager ou ne pas partager l’information dès lors que nous n’assénons plus de vérités. Le praticien devient un intermédiaire entre la part de la personne qui donne l’information et son conscient, un médium au sens littéral du terme, un moyen de transmission d’un message.

Mon sentiment est que choisir systématiquement de travailler en non-verbal revient à détenir des informations sur la personne auxquelles elle-même n’a pas consciemment accès. 
C’est un positionnement que je refuse, désirant faire « avec » la personne et non « pour » elle.

La question n’est pas de savoir si je dois dire ou pas mais surtout de savoir comment partager l’information. Le fait de tester au préalable s’il faut dire ou pas se heurte à la même question de la fiabilité de la réponse musculaire.

À mes yeux, ne pas partager l’information est une forme de prise de pouvoir à laquelle je suis totalement opposé et j’ai souvent constaté qu’une information isolée ne va faire sens que dans mes propres projections, elle va s’éclairer totalement différemment dans le référentiel du consultant.


Il s’agit donc de proposer, d’employer le conditionnel, de questionner « Est-ce que cette notion vous évoque quelque chose ? » et d’avancer avec la personne pour explorer ensemble sa vision du monde.


Bien sûr, si j’obtiens l’information « viol », je peux tout de suite penser à de la violence sexuelle et si je ne suis pas à l’aise avec ce sujet, je peux avoir tendance à taire cette info. Mais si je dis « Est-ce que la notion de viol évoque quelque chose pour vous ? » je n’affirme rien. Peut-être la personne me parlera-t-elle d’un vécu conscient à ce sujet et dans le cas contraire nous pourrons explorer ensemble les métaphores du viol : découverte de son journal intime par son père, vol avec effraction dans son appartement, etc.

Il sera également possible de vérifier si l’information la concerne directement ou bien s’il s’agit d'un simple ressenti ou bien d’une mémoire générationelle héritée, bref un immense champs d’investigation s’ouvre à nous.
 L'objectif restant à mes yeux de mettre en évidence le programme de survie associé à ce "viol" et pas ce qui s'est réellement passé.

Mais comme dans toute règle, il y a des exceptions et parfois il peut être préférable d’aller au bout de l’investigation avant de partager l’information car certaines personnes dont je fais partie sont capables avec un seul mot de se créer toute une histoire bien ficelée et d’y croire dur comme fer 😉

« La force de l’eau vient de la source »


Proverbe persan



J’ai beaucoup cité le travail de John et Matthew Thie et je me dois de rendre hommage également à Mme Annick de Souzenelle et Mr Jean-Yves Leloup dont j’ai eu la grâce de recevoir une partie des enseignements en direct.


Annick de Souzenelle
Annick de Souzenelle
Jean-Yves Leloup
Jean-Yves Leloup







C’est d’ailleurs la lecture de « L’évangile de Thomas » de ce dernier qui m’a confronté en premier à mon étroitesse d’esprit quand il y propose quatre niveaux de lecture d’un même logion alors que mon mental analytique butait sur le sens littéral.


Toutes les traditions ont été transmises sous forme de paraboles, d’images ou d’allégories, ce qui semble montrer qu’il s’agit-là du langage de l’Inconscient et de l’âme. Nous sommes invités à les entendre avec le cœur et pas seulement avec le cerveau si nous souhaitons en retirer les enseignements les plus vivants.


L’étude et le travail sur les contes nous montrent également qu’il existe au moins quatre niveaux de lecture qui vont du sens littéral à l’allégorique puis au sens moral tout en conservant un sens secret ou mystique.


Ces deux grands chercheurs ont éveillé en moi le désir de m’ouvrir à des significations toujours plus larges et je les en remercie profondément 🙏.


Ils m’ont conforté dans la vision extrême-orientale dont m’avait parlé mon ami Patrice en démontrant que des significations parfois opposées peuvent coexister et s’éclairer mutuellement en devenant forces de proposition.


Dans cette approche, il n’y a pas de signification figée, nous retrouvons notre liberté créatrice et pouvons choisir d’apprendre les uns des autres.


Comme beaucoup, j’ai apprécié les ouvrages qui nous offrent des symboliques de maladies ou bien de points d’acupuncture, jusqu’au moment où j’ai réalisé que leur utilisation systématique avait tendance à me conduire à vouloir confirmer les présupposés induits par leur lecture. Je me suis vu m’enfermer dans leurs proposition qui au final ne s’avéraient pas toujours totalement les plus pertinentes.

J’ai choisi depuis lors d’éviter de tester mes présupposés, si faciles à confirmer par induction plus ou moins consciente, pour adopter une approche qui me parait plus ouverte et que je développerai plus avant dans cet ouvrage 😉



« Et notre éducation consiste à donner pour structures nos propres limites, et pour valeurs de référence celles qui sont relatives à ces limites et qui, nécessaires un temps, deviennent aliénantes lorsque nous les érigeons en absolu. » Annick de Souzenelle


Il reste un dernier point que je souhaite aborder pour clore ce chapitre, il s’agit de cette notion de mémoires cellulaires.


J’en parlais un jour avec un docteur en informatique que j’avais reçu en séance et sa réponse m’a laissé songeur :

- « Il n’y a pas la place ! Dans une cellule il n’y a pas assez d’espace, elle ne peut pas stocker autant d’informations »


J’avoue que cet argument m’a troublé et que je l’ai trouvé parfaitement recevable.


Cela m’a conduit à imaginer une autre alternative qui puisse cadrer avec ma vision de la kinésiologie et plus précisément avec le modèle que j’ai nommé « Onto-Kinésiologie ».


Ce que je me propose d’aborder au chapitre suivant …


 
 
 

2 commentaires


laurent belle-perat
laurent belle-perat
31 août

Si comme tu le disais Alfred dans le post précédent le test ne témoigne que de la connexion entre praticien et client, et qu'il n'est pas un moyen fiable de comprendre ce que veux dire celui/celle qui cherche à nous faire passer un message, alors concevoir les métaphores comme le langage de l'âme, taire le conscient l'inconscient et leurs pré-supposés, évoquer une info au patient sans l'assener, et trouver le moment juste en séance pour la partager, voici déjà de jolis gardent-fous pour laisser le médium faire son office. A propos de la citation sur l'eau, sa force et la source, je me pose la question des messages contenus dans l'eau, seront-ils plus signifiants, plus limpides, plus intimes ou plus…

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almakinesio
31 août
En réponse à

Mon cher Laurent, une fois de plus en avance d'une question 😅 et merci pour cela 🙏 Je pense éclairer ta lanterne dans le prochain chapitre et d'ici là, je te laisse méditer sur John Thie et son "soyez clairs sur vos intentions" 😉

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