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CHAPITRE 2 - TEST AMANT

almakinesio
22 août
9 min de lecture


« L’amant timide n’est jamais heureux, le bonheur est le prix de l’audace »

Félix Lope de Vega Carpio


John et Matthew Thie nous ont légué cette œuvre magistrale que constituent leurs « Métaphores du TFH ».


J’ai d’abord suivi cette formation à Paris lorsqu'au début des années 2000, Dominique Bernascon, qui avait invité Matthew, proposa à la FFKS de co-organiser ce stage de deux jours pour la première fois en France .


Nous étions 75 participants et j’avoue que pris par l’organisation, je suis passé à côté d’un enseignement qui m’est alors apparu comme une sorte de gadget-pompe à fric de plus. Ce genre de petits stages complémentaires de deux jours qui émaillent certains cursus, qui n’apportent qu’une information périphérique mais pourtant annoncés comme indispensables si vous voyez ce que je veux dire…


Néanmoins à cette occasion, j’ai travaillé sans y croire sur l’objectif qui me semblait inaccessible : « Je vais à Malibu rencontrer John Thie »


À la fin du cours, Matthew convoqua les instructeurs de TFH présents et nous dit :

-« Vous avez suivi ce cours avec moi, si vous le suivez une nouvelle fois avec quelqu’un habilité à le donner, vous pourrez l’enseigner à votre tour »

Renseignement pris, il redonnait lui-même ce cours à Barcelone 15 jours plus tard et je m’y suis précipité, d’autant plus que la formation était donnée directement en espagnol, langue que je pratique. 
C’est à cette occasion que j’ai pris la mesure de l’immense potentiel de cette approche qui, bien au-delà de la kinésiologie, nous propose une vision du monde élargie et une créativité sans borne !


Dans ce travail fondé en majeure partie sur les Cinq Éléments de la tradition chinoise, ils ont eu le génie de rapporter des connaissances issues des recherches scientifiques occidentales, notamment dans les « Métaphores Foi et Vision du Monde » où ils ont associé les phases de développement du cerveau à ces mêmes Cinq Éléments.


Pour rappel, ces cinq phases sont la petite enfance associée à l’élément Bois, l’enfance associée à l’élément Feu, l’adolescence associée à la Terre, la phase jeune adulte correspondant à l’élément Métal et enfin la maturité correspondant à l’élément Eau.


La vision du monde associée à la petite enfance, quand le cerveau est encore en voie de développement renvoie à une vision « magique » de la vie et des choses. 





L’enfance est en lien avec une vision découlant des règles inculquées par les adultes et jamais remises en question, celle que j’appelle la phase du Schtroumph à lunettes :

« le Grand Schtoumph a dit ! »




Dans la phase suivante, la Terre, l’adolescent remet en question toutes les règles car il réalise qu’elles sont souvent infondées et il pense pouvoir créer les siennes propres mais a besoin des ses copains pour se rassurer.





Dans la phase du jeune adulte, qui correspond à l’élément Métal, l’individu crée sa propre vie, ses propres méthodes qu’il considère comme supérieures à toutes les autres et les défend.





La phase de maturité, enfin, correspondrait (pour ceux qui y parviendraient 😅) à un dépassement des oppositions, l’acceptation des mystères, la coopération et le service de l’humanité.





Je trouve que ce modèle peut parfaitement s’appliquer à la kinésiologie et à sa pratique !


Un émerveillement au début : on teste un muscle, on masse un point, le muscle se renforce, c’est magique !

Puis viennent les règles : « le test sert à ça mais pas à ça, tu as le droit de faire ça mais surtout pas ça, le protocole s’applique de telle façon et si tu as oublié une étape tu dois recommencer », etc 😉



Certains finissent par choisir de remettre en question toutes ces règles contraignantes pour faire à leur façon, sans avoir vraiment de bases solides ou de justifications à leur pratique. Comme dit mon neveu aujourd’hui quand je lui propose de faire quelque chose qui ne lui convient pas : « Flemme ! »





Heureusement, l’étape suivante va conduire les plus opiniâtres à développer leur propre méthode, fondée sur une synthèse de leurs apprentissages, qu’ils soient « kinésiologiques »
 ou pas.
 Ainsi naîtront de nouvelles branches de kinésiologie qui s’adresseront au monde entier ou bien tout simplement des pratiques originales en cabinet dont bénéficieront les clients du praticien.


Cette phase pourra néanmoins conduire à des querelles de chapelle, des oppositions et autres excommunications ✊


Peut-être certains atteindront-ils la dernière phase, celle où l’on accepte les autres points de vue, on dépasse les conflits et on tend à œuvrer au bonheur de tous 🙏




« Horizon pas net, reste à la buvette »


Proverbe breton


Mon ami, feu le Dr Yannick Gruenais dans ses cours sur l’énergétique chinoise nous a appris que le calendrier chinois est lunaire. Il est découpé en quatre saisons de 72 jours dont le point culminant correspond aux solstices et aux équinoxes.

Le 21 mars correspond au maximum de l’énergie du Printemps/Bois, croissante pendant les 36 jours précédents et descendante pendant les 36 jours suivants.

Même chose pour le 21 juin et l’Été/Feu, le 21 septembre et l’Automne/Métal et enfin le 21 décembre et l’Hiver/Eau. 


Ces quatre saisons sont entrecoupées par quatre périodes de 18 jours correspondant à l'énergie de la Terre.
 


Cette vision cyclique du temps fondée sur l’observation de la nature nous aide à savoir où nous en sommes et vers où nous diriger. 


Entre deux phases, l’énergie de la Terre est nécessaire et, selon la vision des métaphores « Foi et vision du monde », nous pouvons le traduire en disant que chaque phase est précédée par une période « adolescent/punk » qui remet en question la phase précédente 🏴‍☠️



« J’étais convaincu que nos croyances reposent bien plus sur la coutume


que sur une certaine connaissance »

René Descartes


J’ai connu l’émerveillement procuré par la découverte des premiers test musculaires et j’ai appliqué à la lettre les protocoles qui m’ont été enseignés.


J’ai développé ma pratique en remettant en question la plupart des conventions qui m’ont été assénées.


Dominique Raynaud et moi-même avons grandi ensemble jusqu’à développer l’Onto-Kinésiologie dont je suis le porte parole. De son côté il a proposé son ostéo-kinésiologie.
Nous avons rejoint le comité d’administration de la FFKS jusqu’à ce que, pour ma part, les orientations décidées ne me conviennent plus.


J’ai promu l’Onto-Kinésiologie en France, bien sûr, Belgique, en Espagne, aux États Unis, au Canada et jusqu’en en Russie à l’occasion de congrès internationaux.


J’ai enseigné la kinésiologie, TFH et Onto-Kinésiologie en France, Belgique, Suisse, Espagne, Russie, Chili et même Mongolie.


Quoi qu’il en soit, quelques mois après avoir suivi le premier stage à Paris, nous nous envolions en famille vers Los Angeles pour un périple dans les grands parcs du Sud-Ouest des États-Unis et surtout cinq jours de stage avec John Thie à Malibu !


Et après le stage de Barcelone, je suis devenu le premier instructeur français en « Métaphores du TFH » !


Comme je dis souvent « Si ça se trouve, ça marche ces conneries ! 🤓 »




« L’étrangeté n’est qu’une affaire de point de vue ou de référentiel »


Jean-Michel Calvez


Mon ami Patrice, médecin généraliste, m’a proposé au début de ma formation de m’offrir les supports de cours universitaires de son D.U. en Médecine Traditionnelle Chinoise.


Inutile de dire qu’à ce moment-là je n’ai rien compris à ces documents …


À cette occasion il a également partagé une notion fondamentale dont je n’ai pas immédiatement compris la portée :


- « Dans notre pensée occidentale, une loi est vraie jusqu’à ce qu’une nouvelle loi soit énoncée et rende la première caduque » me dit-il., ce qui m’a paru évident et conforme à ma vision du monde.
 Puis il a rajouté :

- « Dans la pensée chinoise, une loi est vraie puis une autre loi qui la contredit apparaît, puis une autre qui entre en contradiction avec les deux premières et toutes sont considérées comme vraies ! »

Il m’a fallu beaucoup de temps pour intégrer cet énoncé troublant.
 J’ai finalement saisi l’idée fondamentale que véhiculait cette affirmation : la notion de référentiel !


Suivant le contexte auquel je me réfère, les réponses peuvent être différentes et si j’applique cela à l’utilisation du test musculaire, tout le monde a raison dès lors que chacun est au clair avec le référentiel dans lequel il l’utilise.


A contrario, utiliser le test musculaire pour poser des questions sans savoir à quelle dimension on s’adresse risque parfois générer des contre-sens fâcheux…


« Quand tu prends confiance en la confiance tu deviens confiant »


Jean-Claude Van Damme


J’ai donc parcouru le monde pour promouvoir l’Onto-Kinésiologie et nulle part je n’ai trouvé d’écho à cette information fondatrice de notre travail : Il existe plusieurs niveaux de réponse au test musculaire chez une même personne !

Pour le dire autrement, ça n’est pas seulement « le corps » qui répond au test musculaire.


Brigitte Denis
Brigitte Denis

La seule praticienne rencontrée qui soit parvenue à cette même conclusion est Brigitte Denis, kinésiologue québecquoise fondatrice de « La Parole au bébé » dont j’ai fait la connaissance à l’occasion du congrès organisé par l’IKC à Banff (Canada) en 2015.




Ce fameux test musculaire qu’un consensus international considère comme, au mieux, un outil de bio-feedback et plus généralement comme une réponse du corps aux questions que lui pose le testeur.


Très tôt dans notre cheminement, Dominique et moi-même avons trouvé cette vision par trop limitée et, comme développé dans mon livre, nous a conduits à mettre en évidence trois niveaux de réponse différents au test musculaire : Conscient, Inconscient et Nature Profonde.


C’est ici que la notion d’intention prend tout son sens et nous conduit à l’hypothèse que le niveau de réponse au test est induit par le niveau de conscience du testeur.


Cette notion d’induction me parait simple à démontrer dès lors qu’en utilisant un Muscle Indicateur comme par exemple un Deltoïde Antérieur j’obtiendrai des réponses différentes si mon intention est de vérifier un pré-test, déterminer une émotion associée ou bien vérifier l’état de la circulation de l’énergie dans le méridien Vésicule Biliaire.


De la même façon, c’est mon intention qui va chercher à obtenir des informations du Conscient, de l’Inconscient ou bien de la Nature Profonde. 


Cette même intention me permettra grâce au test musculaire de vérifier des connexions neuro-musculaires, des émotions bloquées, des mémoires trans-générationnelles, des stress enfouis ou bien des réponses des hémisphères cérébraux par exemple.


N'oublions pas néanmoins, comme je l’ai évoqué dans mon précédent ouvrage, que si l’intention du testeur conditionne le niveau de réponse musculaire, la réponse du test reste totalement inductible par le praticien et de fait, peut l’être par la personne testée. Nous devons également considérer, par simple honnêteté intellectuelle, que la même chose peut se produire de façon inconsciente des deux côtés et ce, quelle que soit la volonté de neutralité.


Une fois de plus, je retrouve la contradiction originelle qui me demande de faire confiance dans l’information obtenue à travers la réponse musculaire tout en restant capable de la remettre en question…


« Tradition, c’est le nom qu’on donne aux mauvaises habitudes

que personne n’a le courage de remettre en question »

Bernard Werber


Le test musculaire, l’outil principal du kinésiologue, notre héritage, notre trésor, la clé de notre travail. Voilà un sujet qui mérite réflexion !


En Kinésiologie Appliquée je crois et en TFH j’en suis certain, on travaille « par changement de muscle indicateur » c’est-à-dire lorsqu’un muscle neutre verrouillé au départ déverrouille ou bien l’inverse. Par son changement de réponse, ils nous indique quelque chose : une énergie qui ne circule pas, une émotion qui génère un stress ou bien un point à masser qui va renforcer l’énergie par exemple.



Dans ce référentiel, le corps est comparé à un bio-computeur disposant de systèmes de sécurité qui, à l’instar d’une installation électrique vont disjoncter en cas de problème pour préserver l’ensemble du système. L’objectif du praticien est de tout vérifier grâce au test des 14/42 muscles et de tout reconnecter au mieux afin de rétablir une meilleure circulation de l’énergie dans tous les méridiens.

Le travail consiste à vérifier des connexions neuro-musculaires, on ne pose pas de questions ! L'action est fondée sur l’intention d’aider la personne à récupérer toute son énergie afin qu’elle puisse atteindre ses objectifs : auto-responsabilité et auto-guérison 😉
 
 Le postulat de départ est que le kinésiologue ne sait pas ce qui est bon pour la personne, il est comme une «trousse à outils» qu'il met à disposition et se laisse guider par le test musculaire pour déterminer la technique, l'outil, l'action la plus adaptée parmi tout ce qu'il sait faire.

Dans ce modèle, c'est ce positionnement spécifique qui nous fait dire que le kinésiologue ne pose aucun diagnostic. Il ne cherche pas ce qui ne va pas, il reste orienté sur l'état désiré par le consultant. Bref, je trouve dommage de vouloir jouer au docteur en oubliant que pour John Thie, "La santé, c'est jouir pleinement de la vie !» ce qui me parait bien plus ambitieux comme objectif que de n'avoir mal nulle part


Je sais bien pour y être passé que nous sommes tous mus intérieurement par un syndrome du sauveur plus ou moins virulent qui nous pousse parfois à vouloir guérir l'autre mais pour ma part je crois sincèrement que personne ne guérit personne et que le mieux que nous puissions faire dans notre accompagnement est de favoriser l’auto-guérison.



« Il dit non avec la tête - mais il dit oui avec le cœur

Il dit oui à ce qu'il aime - Il dit non au professeur.»

Jacques Prévert


Mais revenons à notre test… 


Très vite, quelqu’un a constaté qu’il était possible d’utiliser le test musculaire pour poser des questions « au corps » et obtenir des réponses.

Ainsi est apparu le test en « oui/non » fondé sur une convention différente de celle du Changement Muscle Indicateur.


En effet, en partant d’un muscle verrouillé pour poser une question, il est admis que si le muscle reste verrouillé la réponse est « oui » et s’il déverrouille la réponse est « non ».
 Cette convention est l’opposée de la première.


Par oui/non je pose une question : « Est-ce que nous avons l’autorisation de travailler ensemble ? » à laquelle un muscle qui reste « fort » me répond « oui »
.

Par changement de muscle indicateur, je travaille à l’impératif : « Par changement de muscle indicateur, montre-moi que nous avons l’autorisation de travailler ensemble ! », si le muscle reste « fort », qu’il ne change pas, je n’ai pas l’autorisation !


Une fois encore, une intention claire est fondamentale pour éviter une interprétation erronée de la réponse musculaire.


Sans oublier qu’aucune formulation verbale n’est nécessaire pour obtenir une réponse, un « questionnement » mental est suffisant…


(à suivre…)

 
 
 

9 commentaires


laurent belle-perat
laurent belle-perat
31 août

Fiabilité, neutralité, profondeur...autant de questions qu'il est intéressant de se poser à un moment où à un autre, du côté praticien et du côté patient d'ailleurs. On se doute bien qu' il existe des praticiens kinésiologues qui apportent un mieux-être à leurs clients sans jamais avoir eu le début du commencement d'une mise en doute de ce qu'il faisaient. Et au final, ça change quoi si la maison est éclairée mais qu'il n'y a personne à l'intérieur(lights are on but nobody's home!)? Passe-t-on à côté de quelquechose? Ne suffit-il pas d'avoir confiance dans la confiance? (bravo d'ailleurs pour cette citation!) Et Brigitte Denis qui validait le questionnement il y a 11 ans, qu'en pense-t-elle aujourd'hui?

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almakinesio
31 août
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Ma réponse à toutes ces questions va te demander un peu de patience mon cher Laurent 😉 Dans le chapitre quatre il sera question du modèle que je propose pour prendre en considération tous les éléments que j'ai développés jusque là dans mon raisonnement. Quant à Brigitte Denis, même si je n'ai pas de nouvelle depuis longtemps, je ne pense pas qu'elle soit revenue sur sa vision d'un test musculaire guidé par la Source 😊

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Géraldine PORCHET
Géraldine PORCHET
31 août

Merci pour ces réflexions. Doutant de la fiabilité du test, je suis encore plus en réflexion. Très intéressant. Hâte de lire la suite de ce raisonnement.

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almakinesio
31 août
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Peut-être le chapitre trois vous offrira-t-il plus d'éclairage 🤞

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marc.beining
23 août

Merci 🙏. La réflexion est intéressante et permet d’envisager sa pratique comme une lecture personnelle et non l’application d’un code, le ressenti et non la réponse brute, tout cela dans un tout à un instant T donné. Hâte de poursuivre la lecture

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almakinesio
23 août
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Merci pour ce commentaire 🙏 Comme j'ai l'habitude dire, la kinésiologie n'existe pas, il n'est que des kinésiologues 😉

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Anne OSTYN
Anne OSTYN
22 août

Passionnant à lire, merci ! La réflexion sur l'intention du testeur et les différents niveaux de réponse au test musculaire est précieuse. Ça donne à réfléchir sur ma pratique au quotidien. Hâte de lire la suite !

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almakinesio
22 août
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Merci pour ce commentaire qui me touche énormément et qui m'encourage à continuer mes partages 🙏 Merci également de diffuser autour de vous 😉

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